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Médecins et symboles

Les questions suivantes sont régulièrement soumises au Conseil national :

  1. Quelle est l’origine du symbole des médecins et quelle est sa forme : 1 ou 2 serpents enroulés autour d’un bâton ?

  2. Le symbole de la balance ajoutée au serpent (cf. le symbole sur la page d’accueil du site Internet de l’Ordre des médecins) est-il courant ?

  3. Les médecins sont-ils obligés d’apposer ce signe, et si oui, où ?

1. Sceptre d’Hermès ou baguette d’Esculape ?

Bon nombre d’organisations médicales ont adopté pour emblème ce qu’on appelle le « caducée ». Ce terme trouve son origine dans le sanskrit « karù » signifiant « chanteur », « poète ». Il est repris par le grec dorien sous la forme de « κερυξ », « héraut » ou « messager officiel ». De ce terme a été dérivé le mot grec « κερυκειον », le « bâton de l’héraut », l’emblème du messager.

Caduceus

Fig. 1 Caducée

Le caducée était le bâton magique du dieu grec Hermès (Mercure chez les Romains) [1]. Ce symbole universel se retrouve également en Egypte, en Mésopotamie et en Inde où il a toujours symbolisé la paix, l’harmonie et l’équilibre. Les interprétations historiques ( ?), mythiques et autres divergent quant à sa signification et son origine précises.

Le sceptre d’Hermès est un bâton lisse et ailé autour duquel deux serpents s’entrelacent (cf. fig 1)[2]. Il véhiculait l’image du commerce, de l’éloquence et de la communication ainsi que de la sagesse, de la puissance et de l’autorité, et protégeait celui qui le portait. Hermès était entre autres le dieu grec des chemins, le patron des commerçants, du commerce, de l’éloquence et de tout ce qui nécessitait ruse et adresse. En tant que dieu du commerce – qui exige habileté et ruse – il était aussi le dieu du vol et du mensonge. De caractère amène, il était bienveillant à l’égard des humains. Il était également le patron des animaux, des troupeaux, des bergers et des végétaux. En tant que patron des bergers, Hermès était aussi le dieu des éléments.

Hermès accompagnait en outre les défunts dans le royaume des morts du dieu Hadès et était aussi connu comme le porteur de messages des dieux aux mortels, et donc comme porteur de nouvelles.

Aux 16e et 17e siècles, les imprimeurs choisirent le sceptre d’Hermès comme emblème : eux aussi transmettaient des messages. Le sceptre d’Hermès n’était alors qu’un simple emblème utilisé par le monde du commerce et de la communication.

Ce n’est qu’au 19e siècle qu’un éditeur renommé de littérature médicale commença à imprimer le sceptre d’Hermès sur ses ouvrages, ce qui créa une association d’idées entre la médecine et le caducée. En 1856, il devint l’emblème de l’U.S. Marine Hospital Service et, en 1871, celui du Public Health Service. Lorsque le corps médical de l’armée des Etats-Unis remplaça officiellement en 1902 la croix par le caducée, celui-ci devint le symbole constant de la médecine et non plus celui de la communication et de la sagesse.

Esculape

Fig. 2 Esculape

Mais étant donné qu’au travers de la relation avec Hermès, le sceptre renvoyait à la mort, à la ruse et à l’opulence, de nombreux médecins (américains) refusèrent ce symbole. Des organisations telles « l’American Medical Association » optèrent pour la baguette d’Esculape. D’une manière générale, la plupart des organisations axées sur les médecins et les patients dans le monde (entier), telle l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) revinrent à leur symbole « véritable et traditionnel : la baguette d’Esculape.
Mais en raison de la confusion historiquement difficile à déceler entre les deux symboles[3], le terme « caducée » fut appliqué aux deux et inversement.

La baguette d’Esculape est un bâton autour duquel ne s’enroule qu’un (seul) serpent (saint). Ce symbole remonte à la mythologie grecque. C’était le symbole d’Asclépios (en latin, Aesculapius), le dieu grec de la médecine (voir image en annexe).
Il semble qu’Asclépios[4] ait été un médecin réputé ayant exercé en Grèce autour de 1200 avant J.-C. Il est mentionné dans l’Iliade, une épopée racontant la guerre de Troie. Sur la base de fouilles et de recherche scientifique, cette guerre est traditionnellement située au 12e siècle avant J.-C., c’est-à-dire environ 500 ans avant Homère (8e siècle avant J.-C.), le poète à qui on attribue l’Iliade. Ce n’est finalement assez tard (5e siècle avant J.-C.) que le mythe et la légende ont fait d’Asclépios le dieu grec de la médecine[5].

Asklepios

Fig. 3 Asclépios

Peut-être a-t-il profité au départ d’une vénération en tant que héros, donc en tant qu’homme dans la ville de Thessalie Tricca où il semble que son lieu de culte le plus ancien était situé.

Des écoles de médecine qui étaient souvent liées aux temples dédiés au dieu Asclépios firent leur apparition. Le temple le plus célèbre et le plus visité est le temple d’Epidaure qui a été pendant des siècles un célèbre centre médical.

En 420 avant J.-C., Asclépios reçut un sanctuaire à Athènes, situé sur le versant sud de l’Acropole et à proximité d’une source. Les malades pensaient qu’ils pouvaient être guéris en dormant dans ces temples. Les centres médicaux se trouvaient souvent aux environs de sources saintes étant donné que le sommeil dans les temples était précédé d’un bain purificateur. Les patients visitaient les temples, apportaient des offrandes en l’honneur d’Asclépios et étaient traités par les prêtres-guérisseurs, les Asclépiades, qui étaient attachés à ces temples. Les prêtres-médecins connaissaient les secrets saints de l’art de guérir qu’ils se transmettaient de père en fils.

Des serpents inoffensifs, les couleuvres d’esculape, étaient présents dans ces temples-hôpitaux grecs qui ont été ultérieurement également construits par les Romains. Ces animaux étaient des animaux saints. Dans l’antiquité, ils constituaient un des symboles de la santé. Cette sorte de serpent, l’Elaphe longissima, appartenait à la famille des Colubridés. Ils avaient le dos brun avec une petit trait de couleur plus foncée derrière les yeux. Leur ventre était jaunâtre ou blanchâtre et ils avaient une sorte d’écailles dentelées qui se fixaient facilement sur les surfaces rugueuses, ce qui faisait que ce serpent était apte à grimper aux arbres.

Lors d’une épidémie de peste qui ravagea l’ancienne Rome, la légende veut que les Romains aient amené le dieu de la médecine d’Epidaure (Grèce) à Rome sous la forme d’un gigantesque serpent dont la présence mit immédiatement fin au fléau.

Le serpent est un animal dont la symbolique est très ancienne et qui présente de nombreuses contradictions. Dans nombre de cultures archaïques, il symbolise le royaume des ombres et la mort, sans doute parce qu’il vit caché et qu’il s’insinue dans des fissures, mais peut-être aussi parce qu’il a le pouvoir de paraître plus jeune grâce à la mue annuelle. La symbolique du serpent a toujours été associée avec l’idée de la vie et de la mort. Cet animal peut apporter le malheur tout comme la guérison[6]. Le venin du serpent entraînait la mort mais s’il est administré en petites quantités (encore de nos jours), le venin du serpent peut aussi être un médicament.

L’explication de la baguette d’Esculape en tant que symbole médical réside peut-être dans l’association qui est faite entre le serpent et la baguette. Le serpent symbolisait le médicament tandis que la baguette symbolisait l’arbre de la vie, la vie que le médecin essayait de sauver avec les médicaments. La baguette et le bâton sont les symboles de l’autorité, de la puissance et de la dignité. Au sens large, les baguettes et les bâtons sont d’origine végétale et en tant que tels, ils symbolisent l’implacable vitalité de la nature.

L’image du caducée est très ancienne. On la retrouve déjà sur le gobelet du Roi Gudea de Babylone (début du 3e millénaire avant J.-C.) sur lequel le dieu Ningizzida est représenté sous la forme d’un bâton entouré de deux couleuvres.

A la fin des années 70 – début des années 80, monsieur Friedlander[7] a analysé 242 logos ou insignes d’organisations médicales ou sanitaires américaines qui ont utilisé le caducée ou la baguette d’Esculape. Il en a conclu que les organisations professionnelles utilisent plutôt la baguette d’Esculape (62%) alors que les organisations commerciales utilisent plus souvent le caducée (76%). Les hôpitaux constituent une exception dont 37% seulement ont choisi la baguette d’Esculape et 63%, le caducée. (Ceci s’expliquerait notamment par le fait qu’aux Etats-Unis, les hôpitaux sont en général des institutions commerciales). Friedlander attribue cette différence d’utilisation au fait que les organisations professionnelles connaissent la signification des deux symboles alors que les organisations commerciales sont davantage intéressées par l’impact visuel que le symbole aura sur la vente de leurs produits.

Internationaal medisch symbool

Fig. 4 Symbole médical international

L’Association Médicale Mondiale (AMM, World Medical Association, WMA) a pourtant clairement désigné lors de sa Xième Assemblée Générale à la Havane en 1956 la baguette d’Esculape comme symbole médical et en a défini le modèle, c’est-à-dire un bâton rouge, lisse et vertical, autour duquel s’enroulent deux couleuvres sous la forme d’une ligne ondulante avec deux mouvements vers la gauche et un vers la droite, sur fond blanc (Fig. 4). Encore à l’heure actuelle, le logo de l’AMM représente la baguette d’Esculape associée à la mappemonde. D’autres organisations médicales internationales telles l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, World Health Organisation, WHO), la Confederation of Medical Associations in Asia and Oceania, … associent la baguette d’Esculape à une mappemonde du territoire qui les intéresse.

En Europe, presque toutes les organisations professionnelles utilisent la baguette d’Esculape, soit dans sa forme la plus originelle (par exemple le CPME, (Comité permanent des médecins européens), la France, l’Estonie), soit dans une forme simplifiée, légèrement modifiée ou à l’intérieur d’un ensemble plus grand ( souvent le sigle de l’organisation ou un emblème de plus grande dimension (par exemple la Hongrie, le Portugal, la Pologne, l’Espagne, les Pays-Bas) ou encore une forme (tout à fait) abstraite (par exemple l’Allemagne, l’Italie, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suisse, l’Autriche ( ?), l’Irlande ( ?)).
Malte utilise le caducée !
D’autres pays comme la Tchéquie ont un tout autre logo.

En Belgique aussi, la baguette d’Esculape est utilisée dans toutes les formes et associations par les organisations professionnelles médicales. Ainsi, l’emblème du Groupement des Unions Professionnelles Belges de Médecins Spécialistes (GBS) est un simple petit serpent (sans baguette) alors que l’emblème de l’Institut de Médecine Tropicale représente un serpent enroulé autour d’un palmier.

Il semble que les hôpitaux belges choisissent d’autres logos que le baguette d’Esculape ou le sceptre d’Hermès.

Bref, on peut dire que la plupart des organisations qui utilisent le sceptre d’Hermès sont commerciales ou militaires (ou américaines). Les organisations professionnelles se tournent généralement vers la baguette d’Esculape ou vers un tout autre logo.

2. Symboles des groupements professionnels, des associations, …

Justitia

Fig. 5 Justitia

Outre les médecins, nombre d’organisations médicales ont aussi un emblème représentant un serpent. Ainsi, l’emblème des pharmaciens est un serpent qui s’enroule et redresse sa tête au-dessus d’une coupe où il crache son venin. La coupe est le signe de la déesse de la santé, Hygie, fille du dieu Esculape (voir plus haut).

L’emblème des juristes est la « déesse de la Justice » qui est le symbole de la justice. On la représente de longue date comme une dame aux yeux bandés, tenant dans ses mains une balance et une épée (cf. fig. 5). Le symbole peut également se composer uniquement de la balance et de l’épée. La balance représente un jugement objectif (la pesée des actes) et l’épée symbolise la puissance. Le bandeau doit indiquer que la justice doit être rendue en toute impartialité.

Compte tenu de sa fonction (disciplinaire) qui se situe sur deux plans, l’Ordre des médecins a opéré une combinaison des symboles de la justice et de la médecine, à savoir la balance (en équilibre) et le glaive autour duquel s’enroule la couleuvre d’Esculape (cf. fig. 6).

Le Conseil provincial de Flandre-Orientale utilisait déjà ce logo dans sa première circulaire datée du 29 novembre 1947. Le Conseil provincial du Brabant d’expression française utilise une version stylisée de cette combinaison depuis les années 90. Le Conseil provincial du Hainaut la fait à présent figurer sur son papier à en-tête.
Le Conseil national utilise ce logo sur son site et sur son papier à en-tête. Ce symbole n’est jamais apparu dans les pages ou en couverture du Bulletin du Conseil national. Depuis 2001, le Conseil national a opté pour le stéthoscope sur la couverture du Bulletin ainsi que récemment, le Conseil provincial d’Anvers. D’autres organisations médicales comme le Comité permanent des médecins européens (CPME) ont également opté pour le stéthoscope.
La plupart des autres conseils provinciaux de l’Ordre ont la baguette d’Esculape ou une forme dérivée de celle-ci dans leur logo. Le Conseil provincial de Liège l’a intégrée dans son sigle.

Orde van geneesheren

Fig. 6 Ordre des médecins

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a récemment aussi effectué la combinaison entre la balance (en équilibre) et la coupe et le serpent précités. Ce symbole est apparu il y a quelques années sur sa lettre d’information et figure également depuis peu sur son site et son papier à en-tête.

Des organisations internationales comme la World Association of Medical Law (WAML) combinent elles aussi la balance et le serpent dans leur logo sous la forme d’une mappemonde. La Vlaamse Vereniging voor Gezondheidsrecht (association flamande pour le droit en matière de santé) a également la balance et le serpent mais les a associés avec le caducée.

3. Pictogramme des véhicules et enseignes lumineuses pour les médecins

Les médecins se signalent au moyen d’une baguette d’Esculape blanche à l’intérieur d’une croix rouge. Tel est le pictogramme usuel des médecins. Les médecins l’apposent en général sur leur pare-brise à l’aide d’un autocollant. Cela ne constitue certainement pas une obligation. A l’origine, les médecins collaient uniquement une croix sur leur véhicule. Le but était d’inspirer une certaine indulgence au milieu de la circulation. A l’heure actuelle, il y a bien d’autres croix sur les véhicules (celle des vétérinaires, des dentistes, des infirmiers(ères), des kinésithérapeutes, etc.). A présent, certains médecins ne souhaitent plus se signaler de cette façon, notamment en raison des contraintes que cela peut entraîner ou par crainte de vandalisme.
Ces autocollants n’apportent aucune facilité ou aucun privilège aux médecins.
Ce signe de médecin peut être obtenu (en plastique ou en métal) chez certains graveurs ou imprimeurs, en fait sans même vérifier si le demandeur est bien un médecin. Il est aussi distribué par des syndicats et même par des firmes pharmaceutiques (avec la publicité voulue par leur organisation). Cette libre diffusion a pour conséquence qu’il n’y a pas toujours un médecin derrière le volant, mais peut-être des membres de sa famille ou un propriétaire ultérieur de son véhicule.

Le 15 février 2003, le Conseil national s’est déclaré déontologiquement d’accord avec le principe de « l’offre faite, par la Société scientifique flamande de médecine générale (WVVH), d’acquérir à un tarif avantageux une enseigne lumineuse présentant le dessin d’une croix rouge imprimée d’un caducée, dans le but d’accroître la visibilité du cabinet du médecin généraliste dans la rue » à condition que cette forme de publicité ne soit pas contraire aux articles 12 à 15 inclus du Code de déontologie médicale (Bulletin du Conseil national, n°100, juin 2003, p. 5).

Après la publication de cet avis, le Conseil national a reçu la réaction suivante de la Croix-Rouge de Belgique : « […] L’usage de l’emblème de la Croix-Rouge, et de tous les signes analogues, est strictement réglementé, tant par le droit pénal national que par les conventions internationales. Cet usage est réservé aux services de l’aide médicale dans les territoires de conflit et à l’organisation nationale de la Croix-Rouge. C’est indûment qu’il est utilisé pour toutes sortes de services médicaux. […] » (Bulletin du Conseil national n°101, septembre 2003, p. 2).

L’histoire du symbole de la croix rouge remonte à un homme d’affaires suisse, Henri Dunant. En 1862, il a écrit un ouvrage qui, depuis 1948, constitue le fondement de ce qu’on appelle communément les Conventions de Genève. Au nombre de quatre, celles-ci furent conclues entre 1864 et 1949 à propos de l’organisation de l’aide volontaire aux blessés de guerre et de l’inviolabilité des hôpitaux, des ambulances et du personnel soignant. L’emblème de cette protection est une croix rouge sur fond blanc. Ce symbole a été reconnu comme tel et défini dans les Conventions de Genève. C’est le drapeau suisse inversé (croix blanche sur fond rouge) et a été choisi en l’honneur du fondateur de la Croix-Rouge, Henri Dunant.
Quelques pays ont émis des objections au symbole de la croix. C’est pour cela qu’en 1949, deux symboles ont été reconnus : la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, ce dernier étant généralement utilisé dans les pays islamiques. En temps de guerre, le symbole sert à la protection des malades et des blessés, ainsi que des personnes – militaires ou civils – qui les soignent. En temps de paix, seule « La Croix-Rouge » est autorisée à faire usage de l’emblème.

La croix rouge que les médecins utilisent se différencie de l’emblème de la Croix-Rouge par la présence en son milieu de la baguette d’Esculape de couleur blanche et par la ligne blanche sur son pourtour.

K. ROHAERT
6 septembre 2005.

[1] Son attribut était à l’origine la lyre mais Hermès l’échangea contre le caducée à son demi-frère Apollon. Celui-ci devint donc le premier détenteur de cet attribut.

[2] Le bâton se termine parfois par un pommeau rond.

[3] Le docteur J. Schouten estime cependant dans son livre « De slangestaf van Asklepios, symbool der geneeskunde » (Utrecht, 1963), pp. 101-103, qu’il ne s’agit pas ici d’une « interprétation erronée ou d’une simple erreur ». […] « Le monde de pensée des Humanistes était imprégné par l’ambiance des mythes antiques. On connaissait très bien cette matière, […] ».

Selon Schouten, l’explication au fait que le caducée ait ultérieurement aussi été utilisé comme symbole médical doit « être recherchée dans l’ontogenèse de l’alchimie. On sait que l’étude des plantes et des minéraux a constitué le point de départ du développement de sa propre pharmacie. On est surtout redevable à l’alchimie, l’amélioration permanente de l’appareillage technique qui apparaît être indispensable à la préparation des médicaments. […] L’alchimie a surtout connu son essor aux 15e et 16e siècles. […] Déjà auparavant, Hermès-Mercure occupait une place très importante dans le système alchimique et c’est pourquoi il a aussi pu continuer à survivre dans la symbolique ultérieure de la pharmacie qui découle de l’alchimie. […] Aux 16e et 17e siècles, les domaines de la pharmacie, de la chimie et de la médecine n’étaient pas encore définis de manière précise : ils se chevauchaient partiellement. Une fois que Mercure fut introduit dans la chimie et la pharmacie via l’alchimie, son attribut, le caducée, pouvait également être considéré comme signe médico-pharmaceutique. ».

[4]Cf. le texte « Hippocrate » : site de l’Ordre des médecins : www.ordomedic.be.

[5] Selon le mythe, Esculape est le fils du dieu grec Apollon et de la nymphe Coronis. Les enfants d’Esculape sont entre autres ses filles Hygie (symbole/déesse de la santé) et Panacée (symbole/déesse de la guérison). Elles sont toutes les deux mentionnées à la première ligne du serment d’Hippocrate.

Chiron, le centaure plein de sagesse, enseigna l’art de la médecine à Esculape. Il était cependant si habile qu’il réussissait à ressusciter des patients. L’histoire veut qu’Esculape se soit retiré avec Glaucos qui était décédé et réfléchissait s’il pouvait encore faire quelque chose quand un serpent rampa subitement vers sa baguette. Il frappa l’animal jusqu’à la mort mais un deuxième serpent surgit aussitôt, tenant une herbe dans sa gueule qui ramena le premier serpent à la vie. Cette herbe permit également à Esculape de délivrer Glaucos des enfers.
Zeus trouve/estima que l’immortalité des dieux, l’aspect le plus important par lequel les dieux se différenciaient des hommes, était menacée et il foudroya Esculape.
Esculape a été intégré dans le christianisme aux 4e et 5e siècles. Il a pu survivre dans la culture chrétienne en tant que préfiguration du guérisseur universel figurant dans le Nouveau Testament. Suite au récit de la résurrection de Glaucos, la mort consécutive du sauveur et l’admission par son père Apollon entre les dieux de l’Olympe, des parallèles ont pu être établis avec le Christ. Tout comme Esculape, le Christ sauvait les âmes des hommes et les délivrait de la mort éternelle. Lui aussi a dû le payer de sa vie et il a lui aussi été admis au royaume de son père.

[6] L’image du serpent revient constamment même dans la Bible, que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament. Il s’agit également du symbole du mal et de la délivrance. Les similitudes extérieures ont permis d’établir des parallèles entre le caducée d’Esculape, le serpent en cuivre que Moïse a érigé dans le désert et l’image du Christ sur la croix, trois symboles représentant la vie éternelle.

[7] Dans son étude : Friedlander, Walter J., The Golden Wand of Medicine : A history ot the Caduceus Symbol in Medicine, New York, Greenwood, 1992.